TRESORERIE EN TENSION : 3 ERREURS CLASSIQUES A EVITER – Par Meryl BONI Consultante Athari Advisors
Quand l’oxygène de l’entreprise se raréfie, mieux vaut savoir anticiper que réparer
La trésorerie est à une PME ce que l’oxygène est à un organisme vivant : tant qu’elle circule, l’entreprise peut avancer, produire, payer ses charges et investir. Mais dès qu’elle se tend, c’est tout le fonctionnement qui vacille. En Afrique francophone, où l’accès au financement est souvent limité et les délais de paiement longs, les tensions de trésorerie ne sont pas l’exception, mais la norme. Pourtant, beaucoup de dirigeants tombent dans les mêmes pièges. Voici trois erreurs classiques à éviter pour préserver la santé financière de son entreprise.
Confondre chiffre d’affaires et encaissements
C’est sans doute l’erreur la plus fréquente : penser que vendre, c’est gagner. Or, le chiffre d’affaires ne veut rien dire tant qu’il n’est pas encaissé. De nombreuses PME enregistrent des ventes à crédit ou des contrats prometteurs, mais oublient de surveiller les délais de règlement. Résultat : les charges courent, les salaires doivent être versés, mais la trésorerie reste vide.
Il est essentiel de piloter les flux de trésorerie réels, pas simplement la facturation. Cela suppose un suivi rigoureux des encaissements, des relances systématiques, et parfois une réflexion sur la politique commerciale : vaut-il mieux accorder un rabais pour un paiement comptant que de courir après un paiement à 90 jours ? Dans une logique de survie, le cash est roi.
Sous-estimer les charges fixes et les effets de saisonnalité
Certaines dépenses reviennent tous les mois, que l’activité soit florissante ou non : loyers, salaires, abonnements, amortissements… Ce sont les charges fixes, et elles peuvent rapidement asphyxier une entreprise si elles ne sont pas anticipées. À cela s’ajoute la saisonnalité, souvent mal prise en compte : dans certains secteurs (agriculture, éducation, événementiel), les recettes varient selon les périodes de l’année, mais les dépenses, elles, restent constantes.
La solution passe par un budget de trésorerie prévisionnel, qui permet d’identifier les pics et les creux de liquidité mois par mois. Ce document, souvent ignoré dans les PME, est pourtant un outil vital. Il aide à anticiper les besoins de financement, à négocier les délais avec les fournisseurs, ou à ajuster le rythme des investissements.
Tarder à alerter ou à ajuster
Beaucoup de dirigeants attendent d’être au bord du gouffre pour réagir : ils s’endettent pour couvrir un découvert, retardent les salaires, coupent dans l’outil de production… Cette réaction tardive est souvent le signe d’un manque de visibilité financière ou d’un déni. Or, plus tôt une tension est identifiée, plus les marges de manœuvre sont grandes. Un banquier est plus enclin à accompagner une entreprise qui anticipe ses difficultés qu’une structure en situation d’urgence. De même, un fournisseur peut accepter un rééchelonnement si le dialogue est ouvert en amont. Il est donc crucial de mettre en place un système d’alerte : un solde minimum de trésorerie à respecter, des indicateurs de performance simples (délai moyen de paiement client, ratio de couverture des charges fixes…), et surtout une culture interne de la transparence financière.

La trésorerie ne doit pas être une variable d’ajustement ou un sujet tabou. Elle doit être pilotée comme une priorité stratégique, au même titre que le chiffre d’affaires ou la production. Dans un environnement où les imprévus sont nombreux, savoir éviter ces trois erreurs — confondre ventes et encaissements, ignorer les charges fixes et tarder à réagir — peut faire toute la différence entre une entreprise qui traverse les turbulences, et une autre qui s’effondre brutalement. Chez Athari Advisors, nous accompagnons les PME pour reprendre la main sur leur cash, et redonner à la trésorerie la place qu’elle mérite : celle de garant de la liberté d’action.